Les filles folkent

Patti Smith au Pully For Noise Festival

Photographe: Chris Blaser

Girlpower au For Noise : le festival pulliérain avait programmé des chanteuses comme têtes d’affiches du jeudi et du samedi. Outre leur genre et leurs longues chevelures, Feist et Patti Smith partagent également un goût pour les balades folk (et la volonté de faire libérer les Pussy Riot).

Si les chansons de Feist sont souvent calmes, il me semblait que la Canadienne avait un bon potentiel rock. Opinion confortée par une discussion avec un ami qui avait déjà vu la donzelle en concert: «les morceaux sont beaucoup plus pêchus en live que sur CD», m’affirmait ce connaisseur qui avait déjà vu la donzelle. Après plus d’une heure de douceur, parfois charmante, parfois ennuyeuse, j’ai révisé mon opinion. Si le potentiel rock de Feist existe, il est bien dissimulé. Sur la scène du For Noise, la chanteuse à frange ramollit ses morceaux entrainants. Ce qui ne l’empêche pas d’offrir une prestation agréable et sympa, mais ça manque un peu de pêche et de charisme.

A l’inverse, malgré son âge canonique, on perçoit chez Patti Smith de bons restes de punk attitude. Malgré tout, certains morceaux, tellement semblables aux versions des albums sonnent un peu trop léchés. Ce qui n’a pas eu l’air de déplaire au public, venu nombreux  pour applaudir la poétesse, qui s’enthousiasmait pour des chansons attendues comme «Because the night ». Pour ma part, je préfère quand Patti Smith emprunte ses tubes à Johnny Thunders plutôt qu’à Bruce Springsteen.

A l’heure où tout le monde brandit son smartphone pour immortaliser les stars sur scène, ses fans, dont l’âge est proportionné à celui de la chanteuse, font osciller la flamme de leur briquet au rythme lent des balades. Old school rules!

Anne Rey-Mermet

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