Les quatres filles du docteur Warpaint

Photo ©Keystone

Septante heures se sont écoulées depuis le concert de Warpaint à Paléo mercredi soir. Et durant ces septante dernières heures, mon opinion sur leur prestation a du également changer septante fois.

Certes, la première frustration est sonore: pourquoi, sous le Chapiteau, la qualité du son reste-t-elle toujours aussi aléatoire? Pourquoi, pendant la première moitié du concert avons-nous été gratifiés d’un brouillard sonore avant de pouvoir enfin distinguer guitares et voix? Pourquoi faut-il toujours qu’un ampli lâche au moment où l’on commence à rentrer dans le concert?

Essayons de faire abstraction de ces «détails». Warpaint est sur scène pour la première fois en Suisse romande. Avec quatre filles aux commandes, beaucoup ont vu en elles les nouvelles Electrelane. Il est vrai qu’il y a quelque chose, notamment dans les arpèges à la guitare et un jeu pas toujours très propre. Pour le reste, Warpaint s’inscrit surtout dans la tendance actuelle à faire du «rock à sourdine», comme The XX ou encore Beach House où les rythmiques se font plus discrètes et les ambiances plus feutrées.

On sent beaucoup de potentiel chez ce quatuor de Los Angeles, et nous continuerons à suivre leur actualité musicale. Certaines mélodies sont parfaitement dosées, mais d’autres semblent parfois faire office de remplissage entre deux jolies trouvailles.

Reste la fascinante Jenny Lee Lindberg. Alors que les grands écrans sur chaque côté de la scène se focalisent sur les deux guitaristes-chanteuses, impossible de lâcher des yeux la bassiste du groupe. Des quatre filles, c’est la seule qui semble vraiment en phase avec ce qu’elle joue. Celle dont le corps semble possédé par le son de cet instrument qu’elle maltraite ou borde en alternance. A suivre, donc.

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